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Le bug et la faille sont dans les interstices

Complexification des SI, convergence des technologies, dépendance des organisations à leur SI et multiplicité des intervenants, tout ce que nous venons d’évoquer devrait renvoyer à une image de grande solidité des SI. Comment concevoir que des organisations, voire des sociétés humaines entières, puissent s’installer dans une telle dépendance aux SI sans s’assurer qu’ils ne se retourneront pas contre elles ? Tout se passe donc comme si les technologies numériques, parce qu’elles sont technologies, étaient définitivement sous contrôle. La représentation la plus courante que les managers ont de leur SI est un peu comme celle que le conducteur pourrait avoir de sa voiture : une somme de technologies, que des ingénieurs maîtrisent et assemblent pour produire une fonctionnalité précise et testée en sortie d’usine.

Pourtant, la réalité des SI est tout autre. Les technologies informatiques (hard et soft) sont conçues à l’échelle de la planète par une multitude d’intervenants aux desseins et compétences hétérogènes autant qu’hétéroclites. À l’inverse de l’exemple des voitures, les SI qui en résultent sont un assemblage de pièces conçues sans vision d’ensemble. Un peu comme si chaque conducteur allait faire son marché ...