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Le processus collaboratif BIM : un enjeu sociétal

Introduction

Ce chapitre présente le BIM en tant que Building Information Management, c’est- à-dire le BIM en tant que processus de travail collaboratif dans le secteur du bâtiment. Pour de nombreux observateurs, l’essentiel de la valeur ajoutée du BIM se situe dans l’amélioration du travail collaboratif, point pour lequel le secteur du bâtiment souffre d’un certain retard par rapport aux autres secteurs industriels.

Une description du travail collaboratif BIM ne peut se passer d’une description de l’environnement dans lequel il intervient, et le travail collaboratif ne se fait correctement que si le professionnel ou l’entreprise multiplie ses interactions avec son écosystème. Une description de l’environnement réglementaire français est faite pour pointer les opportunités qui en résultent pour les acteurs du BIM.

« M » pour « Management »

Il est très fréquent que la signification de chaque lettre de l’acronyme B.I.M. soit interprétée de manière différente pour illustrer les multiples facettes que recouvre le processus BIM du fait de son côté central et transversal. Dans ce chapitre, consacré aux aspects collaboratifs, on s’intéressera plus particulièrement au « M » qui signifie « Management ».

Voir aussi dans le chapitre Analyse et construction de la maquette BIM les sections « M » pour « Modeling » : la modélisation orientée objet et paramétrique et la section Le « I » pour Information au centre de l’acronyme BIM.

La démarche collaborative BIM

1. Organiser et spécifier le processus collaboratif BIM

Le processus BIM doit aboutir à la production d’une maquette 3D conforme au bâtiment, et ce à mesure que le bâtiment se construit et dans le contexte d’un chantier regroupant un grand nombre d’acteurs aux profils, métiers et intérêts différents. Dans cette situation, la nécessité de documenter par écrit l’organisation du processus de création et de mise à jour de la maquette numérique est une évidence. Les « documents du BIM » ont ainsi pour objectif de garantir la fiabilité des données matérialisées sur la maquette numérique et d’organiser en détail le processus collaboratif en distribuant précisément les rôles et les responsabilités.

Il reste possible d’inscrire ces règles dans l’ensemble des contrats liant chaque intervenant en modifiant le contenu des contrats, mais cela constituerait un travail fastidieux doublé d’un risque de ne pas réussir à mettre en place le processus BIM du fait d’une incompréhension des parties prenantes. C’est pour cette raison que des contrats types sont proposés pour encadrer un processus BIM « classique » : la convention, la charte et le protocole BIM.

Pour faire face à ce défi technique et nouveau qu’est celui de « lancer » un processus BIM, de nombreuses entreprises et professionnels proposent leurs services en tant qu’AMO BIM (Assistance à Maîtrise d’Ouvrage pour le BIM). Il est à noter qu’un des axes prioritaires du plan BIM 2022 est de soutenir les maîtrises d’ouvrage dans cette démarche, l’axe étant formulé ainsi :

« Action 1 : Fiabiliser et sécuriser la commande et les contrats BIM - Faciliter et garantir le bon usage de la maquette numérique et optimiser les interactions entre les différents métiers nécessitent de faire finement évoluer les contrats et définir les clauses types d’utilisation du BIM. La maîtrise d’ouvrage doit être sensibilisée et accompagnée dans...

Le BIM, un outil collaboratif dans le BTP

Afin de participer ou organiser avec succès un processus BIM, il est primordial d’avoir une bonne connaissance des outils et concepts informatiques transversaux dédiés au travail collaboratif et au flux d’informations dans le secteur du BTP.

C’est pour ces connaissances transversales et fondamentales qu’on été écrits les chapitres Le contexte de la révolution numérique et Le contexte du chantier numérique.

1. Le BIM, un processus inclusif

Le BIM est un processus collaboratif inclusif dans le sens ou sa valeur ajoutée est directement liée à l’« exhaustivité » de la collaboration mise en œuvre, c’est-à-dire au fait que toutes les parties prenantes d’un projet soient mises à contribution le plus tôt possible.

Ces principes sont centraux dans le processus d’ingénierie concourante, dont la réalisation est un des objectifs du BIM. Pour plus d’informations à ce sujet, rendez-vous au chapitre Histoire du BIM - Enjeux et chronologie - section L’ingénierie concourante.

La valeur ajoutée du processus BIM, et de la maquette qui est créée par ce processus, réside ainsi en grande partie dans le fait que la maquette BIM constitue un système de communication autonome compréhensible de manière autonome par tous.

2. Une visualisation intuitive pour un système de communication autonome

Il est rappelé que la maquette BIM, par ses caractéristiques informatiques, constitue en elle-même un outil taillé...

Le chantier BIM

Les objectifs théoriques élaborés pour garantir un bénéfice maximal du processus BIM peuvent ne pas être en cohérence avec les réalités du chantier et des entreprises qui y participent. Un processus BIM complexe prend le risque d’échouer totalement si sa complexité est telle que les acteurs du chantier s’en désintéressent comme par un effet mécanique. Il convient alors d’adopter une stratégie raisonnée pour faire le tri entre les nécessités les plus significatives et les actions pouvant être considérées comme accessoires. Les pratiques officielles du BIM peuvent ainsi être assouplies.

Pour savoir comment assouplir ces règles, le point central est la compréhension de leur utilité concrète pour le chantier et la structure qui va être édifiée. C’est cette compréhension qui permettra de séparer ce qui compte réellement de ce qui est simplement théorique. Par exemple, on peut réfléchir pour savoir quels sont les éléments de la maquette BIM qui sont consultés pour suivre la productivité du chantier ou la sécurité des travailleurs. Une discussion ouverte avec la maîtrise d’œuvre et/ou la maîtrise d’ouvrage sera un bon moyen de connaître...

Synergies conceptuelles autour du BIM

En plus des synergies spatiales qui regroupent des acteurs travaillant dans un même espace, il existe des synergies conceptuelles avec d’autres méthodes d’optimisation créées dans le secteur du bâtiment ou de la construction. Il existe assez naturellement de nombreuses passerelles entre ces concepts, pouvant donner lieu à des synergies. On note par exemple l’existence de la méthode du « Processus de Conception Intégré », initiée dans les années 1990 au Canada, ainsi que les méthodes développées dans le cadre de la Gestion Technique du Bâtiment. La méthode la plus souvent associée au BIM sur les chantiers reste néanmoins la méthode LEAN, présentée dans le paragraphe suivant.

1. Des chantiers LEAN

L’association entre les concepts de LEAN et de chantier BIM est particulièrement intéressante d’un point de vue conceptuel. Ce sont tous les deux des ensembles théoriques conçus pour améliorer la performance des entreprises tout en améliorant les conditions de travail par la résolution de problèmes chroniques et épuisants pour le personnel. Ces problèmes chroniques qu’ambitionnent de régler le BIM et le LEAN sont, par exemple, des incompréhensions, des quiproquos, des gaspillages, mais également des situations de déséquilibre de pouvoir et des situations donnant naissance à un sentiment d’injustice. La mise en œuvre d’un processus de travail formalisé permet également aux entreprises d’être plus résilientes en cas d’absence subite d’un employé. Les tâches qui lui étaient incombées, le contexte dans lequel intervenaient...

Synergies spatiales autour d’un bâtiment BIM

Un très grand nombre d’acteurs gravitent autour de la technologie du BIM, ce qui a grandement contribué à mettre le BIM « sur toutes les lèvres » parmi les professionnels du BTP. Le BIM constitue ainsi une réelle opportunité de se mettre en connexion avec tout un écosystème, une mise en connexion qui peut apporter à une entreprise du BTP auparavant isolée de nombreuses et riches opportunités.

Par ailleurs, l’expertise et le conseil de professionnels issus du BTP et à l’écoute de la transformation du BIM depuis de nombreuses années, constituent un support non négligeable dans le monde changeant et immature qu’est celui du BIM.

1. Synergies internationales : le BIM en pleine effervescence

Les réflexions qui ont historiquement abouti à la décision de créer et de diffuser le BIM comme une technologie permettant de résoudre, sinon atténuer, les problèmes caractéristiques du secteur du bâtiment expliquant ses faibles taux de productivité au regard des autres secteurs industriels, ont été des réflexions menées sur un terrain international, notamment sous l’impulsion de l’Agence Internationale pour l’Interopérabilité (devenue depuis l’association buildingSMART International). Le travail de définition du standard IFC est le fruit de longues concertations menées dans l’objectif d’obtenir un standard respectant la diversité des pratiques de l’acte de construire à travers le monde. Il est à noter que ce travail de standardisation est toujours en cours afin de rendre compatible les standards BIM et ceux utilisés dans des domaines d’activité proches, par exemple pour les Travaux publics.

Pour un rappel des étapes qui ont permis de créer le standard du BIM, rendez-vous au chapitre Histoire du BIM : enjeux et chronologie - section La mise en place du processus BIM : un virage international.

Cette rétrospective rapide est rappelée dans ce paragraphe à propos de synergies autour du BIM pour bien marquer l’opportunité que représente le BIM pour s’ouvrir à la diversité de l’acte de construire...

Répercussions sociétales liées au BIM et considérations culturelles

En tant que méthode de travail collaborative, le sujet du BIM touche inévitablement un grand nombre de sujets sociétaux qu’il serait mal avisé d’ignorer. Leur connaissance permet de comprendre les évolutions qui transforment d’ores et déjà le monde du BIM.

Par exemple, en avril 2017, quatre organisations professionnelles du BTP de premier plan - CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment), la FFB (Fédération Française du Bâtiment), l’UNSFA (Union Nationale des Syndicats Français d’Architecture) et l’UNTEC (Union Nationale des Economistes de la Construction) - décident de quitter l’association Mediaconstruct (chapitre français de l’organisation buildingSMART International, désormais appelé buildingSMART France). Dans ce conflit, les organisations professionnelles pointent un déficit de représentativité pour ces associations qui ne possèdent qu’un seul droit de vote malgré leur taille, ainsi qu’un programme de recherche et développement trop favorable aux grandes entreprises. De son côté, Mediaconstruct met en avant le côté universel du BIM justifiant, selon cette association, le principe « un membre égal une voix ».

Cet exemple illustre les différences de point de vue par rapport à un virage technologique pris par l’ensemble d’un secteur économique, ce qui génère inévitablement des craintes, par exemple l’industrialisation du secteur de la construction et la perte de la pratique traditionnelle, la concentration économique dans les mains des seules grandes entreprises, la perte d’autonomie face aux bureaux d’études et aux architectes.

Ces problématiques sociétales peuvent générer des difficultés dans l’exécution du processus BIM, par opposition ou simplement par manque d’adhésion. Très souvent, les professionnels du BTP ont déjà entendu parler du BIM et possèdent déjà un avis sur ces questions, qu’ils auront probablement formé antérieurement...