Copilot, l’assistant IA dans Excel
Introduction
Il est 17h30. La réunion de comité de direction est fixée à 9h demain matin. Sur l’écran, un classeur Excel ouvert depuis trois heures : des colonnes de données, un modèle de régression à moitié construit, une analyse de sensibilité de la VAN que le directeur financier attend formatée et expliquée pour un public non financier.
Dans une situation comme celle-là, la question n’est plus « est-ce que je maîtrise Excel ? » mais « comment aller plus vite sans perdre en rigueur ? »
C’est précisément dans ce type de contexte que Copilot est utile.
L’arrivée de Microsoft Copilot dans Excel marque une évolution importante dans la pratique de la modélisation financière et, plus largement, dans le travail quotidien en finance d’entreprise.
Copilot ne remet pas en cause les principes fondamentaux d’Excel : les formules, la logique financière et le raisonnement restent au cœur du modèle.
En revanche, il introduit une nouvelle manière d’interagir avec les données : le dialogue en langage naturel, directement au sein du classeur.
Concrètement, il devient possible de demander à Excel :
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d’expliquer un calcul existant ;
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de résumer une analyse ;
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d’explorer des scénarios ;
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ou d’assister la création d’un modèle financier à partir d’instructions formulées en langage naturel.
Un principe fondamental : Copilot n’est pas un outil de décision
Comme toute intelligence artificielle générative, Copilot peut produire des erreurs, des approximations ou des raisonnements incomplets. Les calculs doivent être vérifiés, les hypothèses validées et les résultats interprétés par un utilisateur compétent.
Dans un contexte financier, la responsabilité de la décision reste entièrement humaine. Copilot est un facilitateur de raisonnement, pas un décideur.
Objectif du chapitre
L’objectif de ce chapitre est de montrer comment intégrer Copilot dans une démarche de modélisation financière sous Excel. Plutôt que d’introduire...
Modélisation financière avec Copilot en pratique
Premier cas : la régression linéaire multiple
Pour mémoire, ce cas pratique a été résolu dans le chapitre Outils statistiques de prévisions.
Un directeur de magasin souhaite comprendre l’impact de ses dépenses publicitaires papier et internet sur le chiffre d’affaires.
Son objectif est d’une part d’identifier le média le plus efficace et, d’autre part, d’estimer le chiffre d’affaires attendu pour un budget mensuel de 9 000 € par média, toutes choses égales par ailleurs.
Pour cela, il dispose de 24 mois de données historiques.
Vous retrouverez cet exemple dans le fichier reg lineaire copilot.xlsx.
Le fichier est composé de trois feuilles : Données, Prompt et Modèle.

Feuille données du fichier reg lineaire copilot.xlsx
Première phase : création du modèle avec Copilot
Copilot va assister l’utilisateur pour :
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construire un modèle de régression linéaire multiple dans Excel ;
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interpréter les coefficients d’un point de vue économique ;
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évaluer la qualité statistique du modèle ;
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produire une prévision exploitable pour la décision.
Copilot ne choisit pas les hypothèses et ne valide pas les résultats.
Mise en place

Classeur enregistré dans le cloud
Dans l’onglet Accueil, cliquez sur l’icône Copilot.

Bouton Copilot dans le ruban
Le volet Copilot apparaît à l’écran.

Volet Copilot
Mise en place du prompt
Dans la feuille prompt, vous retrouverez un prompt détaillé selon le modèle PACE :
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Élément |
Contenu du prompt |
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P - Purpose |
Dans l’onglet Modèle, construire un modèle de régression linéaire multiple pour expliquer et prédire le chiffre d’affaires à partir des dépenses publicitaires papier et Internet. |
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A - Action |
1. Estimer le modèle 2. Interpréter les coefficients 3. Évaluer la qualité du modèle 4. Réaliser une prévision |
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C - Context |
Tableau de 24 mois avec :
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Quand solliciter Copilot et quand s’en passer
Au-delà des deux cas pratiques traités dans ce chapitre, une question se pose pour l’analyste financier : sur quelles tâches Copilot apporte-t-il vraiment de la valeur, et sur lesquelles vaut-il mieux s’en passer ?
L’expérience permet de distinguer six grands types de tâches :
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La structuration d’un modèle : la création des feuilles, l’organisation des hypothèses ou lamise en forme sont des terrains où Copilot permet un gain de temps considérable. Cependant, la structure proposée est souvent générique et peut nécessiter un ajustement pour s’aligner sur les conventions de l’équipe finance.
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La génération de formules donne des résultats variables. Copilot est utile sur les formules standards, plus risqué sur les formules métier spécifiques. Le risque n’est pas la formule grossièrement fausse car cela se voit mais l’erreur de référence ou de plage qui passe inaperçue et fausse silencieusement les résultats.
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L’analyse exploratoire de données (résumés, repérage de tendances, détection d’anomalies), est un autre point fort. Copilot lit vite et bien des tableaux complexes. La vigilance porte sur les interprétations :...
Conclusion
Au terme de ces deux cas pratiques, le bénéfice de Copilot dans Excel apparaît clairement, mais il est circonscrit. L’outil ne remplace ni Excel ni l’analyste financier. Il ne produit pas un modèle là où il n’y avait rien. Il accélère, structure et améliore la restitution d’un travail dont la responsabilité reste entièrement humaine.
Trois apports ressortent de ces cas. Le premier est un gain de temps. Sur la régression linéaire comme sur la VAN, Copilot met rapidement en place l’ossature du modèle : tableau des flux, formules de calcul, mise en forme des résultats. L’analyste n’a plus à s’occuper de cette mécanique et peut se concentrer sur les hypothèses et leur interprétation.
Le deuxième apport est une aide à la restitution. Rendre un modèle technique compréhensible pour un comité non spécialiste.
Le troisième apport est un changement de posture. L’utilisateur d’Excel ne se contente plus d’écrire des formules, il apprend à formuler des intentions.
En dépit de tous les avantages que Copilot peut apporter, rappelez-vous aussi de ses limites : le raisonnement financier reste humain. La validation des hypothèses, l’interprétation économique, la prise en compte...