Analyse en composantes principales
Principes et préparation des données
L’analyse en composantes principales (ACP) est souvent perçue comme une boîte noire mathématique complexe. En réalité, c’est un outil géométrique dont l’objectif est pragmatique : résumer l’information. Lorsque nous travaillons avec des jeux de données comportant des dizaines, voire des centaines de variables, notre capacité à visualiser et à interpréter les relations s’effondre. Nous ne pouvons pas visualiser des données en quatre dimensions, et a fortiori en cent dimensions.
L’ACP répond à ce problème par la réduction dimensionnelle. Elle transforme un jeu de données complexe en une version simplifiée, tout en conservant l’essentiel de l’information originale. Pour comprendre ce mécanisme, imaginez un objet en trois dimensions, comme une théière, éclairé par une lampe. L’ombre projetée sur le mur est une représentation en deux dimensions de cet objet. Si l’angle est bon, l’ombre conserve la forme générale de la théière (l’anse, le bec, le corps). Si l’angle est mauvais (par exemple, vue de dessus), l’ombre n’est qu’un cercle indistinct et l’information est perdue. L’ACP est l’algorithme qui cherche automatiquement le meilleur angle pour projeter vos données sur un plan, afin que l’ombre ressemble le plus possible à l’objet initial.
1. Variance comme mesure de l’information
Pour que l’algorithme détermine quel est le « meilleur » angle de projection, il lui faut un critère mesurable. En statistiques, ce critère est la variance. Une variable qui ne change pas (variance nulle) n’apporte aucune information pour distinguer les individus. À l’inverse, une variable qui disperse fortement les individus est riche en enseignements.
L’ACP cherche à construire de nouveaux axes, appelés composantes principales. Ces axes ne sont pas choisis au hasard. Le premier axe est calculé pour capter la plus grande quantité possible de variance du nuage de points initial. C’est la direction dans laquelle les données sont les plus étalées....
Calcul et interprétation de l’ACP
1. Fondements mathématiques
Pour comprendre l’analyse en composantes principales au-delà de sa simple application, il est nécessaire de regarder sous le capot. L’ACP est une méthode d’algèbre linéaire. Elle repose principalement sur une opération centrale : elle décompose la structure de corrélation de vos données pour trouver de nouveaux axes.
a. Matrice de corrélation
).
est une matrice carrée, symétrique,
où chaque cellule représente le coefficient
de corrélation linéaire entre deux variables.
Sa diagonale est remplie de 1 (car la corrélation d’une
variable avec elle-même est parfaite). Cette matrice encapsule
toute la structure d’interdépendance que l’ACP cherche à simplifier.
serait une
matrice identité (des 1 sur la diagonale, des 0 partout
ailleurs), et l’ACP serait inutile. C’est l’existence de corrélations
non nulles qui justifie l’application de l’ACP.b. Obtention des composantes principales
L’ACP cherche à répondre à la question suivante : existe-t-il des combinaisons linéaires de nos variables initiales qui possèdent une variance maximale et qui sont orthogonales (non corrélées entre elles) ?
. Les vecteurs propres définissent les
nouvelles directions géométriques selon
lesquelles les données varient le plus, servant ainsi de
nouveaux axes de coordonnées indépendants. Les
valeurs propres, quant à elles, mesurent la quantité de
variance ou l’importance de l’information capturée le long
de chacun de ces nouveaux axes.Exploitation dans les modèles avancés
1. Régression sur composantes principales (PCR)
L’ACP est l’outil idéal pour résoudre un problème majeur que nous avons rencontré lors de notre étude de la régression linéaire multiple : la multicolinéarité. La régression sur composantes principales (PCR) combine l’ACP et la régression linéaire pour obtenir des modèles de prédiction plus stables et plus robustes.
) du modèle de régression sont
fortement corrélées entre elles. Dans notre jeu
de données macroéconomique, par exemple, le PIB
et le taux d’emploi sont fortement corrélés.
). Les coefficients deviennent
sensibles à de petits changements dans les données,
ce qui réduit la fiabilité et la généralisation
du modèle. Les coefficients n’ont plus de sens
interprétatif précis.
(corrélées), on utilise les
facteurs
(non corrélés).La méthode se déroule en deux étapes distinctes.
) pour obtenir
la matrice des composantes principales
. On choisit uniquement les
premières composantes qui capturent...