Les acteurs de la formation professionnelle
Panorama des acteurs de la formation professionnelle
Dans l’univers de la formation professionnelle, nous distinguons donc différents acteurs dont les intérêts convergent ou divergent selon de nombreux paramètres.
Comme évoqué précédemment, les quatre grandes catégories d’acteurs sont les suivants :
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l’apprenant ;
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le commanditaire ;
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le financeur ;
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l’organisme de formation.

Catégories d’acteurs de la formation
Mais ces quatre catégories d’acteur sont composées de sous-types de catégories d’acteurs qui peuvent également complexifier l’action de formation :
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L’apprenant : apprenant simple, apprenant commanditaire, apprenant manager, apprenant commanditaire financeur.
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Le commanditaire :
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Employeur
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DRH/RRH (Responsable Ressources Humaines)
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RDC (Responsable du Développement des Compétences)
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RF (Responsable Formation)
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Le financeur :
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Public (CDC/CPF, OPCO/FAF, France Travail/Pôle Emploi, Région, Europe)
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Privé (entreprise, association, administration, particulier, indépendant)
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L’organisme de formation :
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organisme de formation avec formateurs salariés ou indépendants ;
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formateur indépendant disposant d’un numéro d’organisme de formation.

Sous-catégories des acteurs de la formation
Avant d’entrer dans le détail de chacun de ces acteurs, il est utile d’en proposer une première lecture rapide. Cette première section introductive présente les principaux rôles en présence ; la suite du chapitre reviendra plus précisément sur leurs responsabilités, leurs contraintes et leurs effets sur la conception, le financement et l’évaluation des formations.
Commanditaire
L’employeur désigne l’organisation qui emploie le salarié et qui peut décider ou organiser une action de formation. Selon les cas, cette décision peut être portée par le dirigeant, la direction des ressources humaines, un responsable formation ou un manager.
Le DRH/RRH (Directeur des Ressources Humaines/Responsable des Ressources Humaines) est, si l’entreprise en dispose, le responsable de la masse salariale.
Le RDC/RF (Responsable du Développement des Compétences/Responsable Formation), si l’entreprise...
Les commanditaires de l’action de formation
Les commanditaires de l’action de formation sont tous les acteurs responsables du déclenchement d’un acte de formation.
L’employeur
L’employeur est certainement le premier acteur des actions de formation puisque c’est, avant toute chose, le moteur d’une économie qui finance directement et indirectement la formation. Sans lui pas d’économie et donc pas de formation. Sans lui pas de besoins de formation. Malgré cela, il est très loin d’être omnipotent dans l’équation de la formation.
En premier lieu, pour l’employeur, la formation doit représenter un moyen élémentaire pour amener ses salariés à un niveau de performance minimum. Sur cette base de performance, l’employeur pourra générer une valeur ajoutée et donc des bénéfices.
Ensuite, dans un contexte de changement permanent, les entreprises doivent s’adapter régulièrement au marché et donc rendre leurs salariés flexibles. La formation est non seulement un moyen de maintenir une flexibilité de base que possède en général un salarié qui intègre une entreprise, mais elle permet également de développer leur flexibilité en leur proposant l’acquisition de nouvelles compétences rendant ainsi l’organisation plus forte face au changement.
Par ailleurs, le temps passant, la motivation des salariés évolue, tout comme leur âge. Ce qui amène peu à peu, dans toute organisation, des postes à prendre. Aussi, pour préparer la relève, il est important que les salariés soient formés.
De même, au fil des années, toute organisation possédant des processus bien rôdés ne prend pas toujours le temps de les formuler ou de les réétudier. Ils sont considérés comme faisant partie du savoir-faire de l’entreprise. Aussi, la démarche de formation oblige quelque peu l’employeur à revalider le fonctionnement de sa structure, à le reformuler et amène donc une communication interservices et la transmission d’une culture d’entreprise.
La formation est bien souvent perçue positivement par les employés. Cela...
Les bénéfices d’une formation : entre processus et résultats
Il peut arriver qu’une formation qui se passe mal car elle ne répond pas aux objectifs du commanditaire et des apprenants par exemple apporte malgré tout des bénéfices car elle est susceptible de générer des débats, processus de synthèses, processus de préparation au changement.
Cela arrive également lorsque certaines sociétés font un appel d’offre, discutent avec 10 prestataires autour de leur besoin, pour finalement ne rien faire du tout car elles ont compris qu’elles devaient revisiter leur besoin avant de passer commande aux prestataires. L’échange et l’engagement autour d’une action est donc tout aussi important que l’action en elle-même.
En effet, lorsqu’on évalue une action de formation, la tentation est grande de ne mesurer que les résultats tangibles : compétences acquises, temps passé, retour sur investissement financier. Pourtant, de nombreuses approches en management et en sciences de l’apprentissage soulignent que la valeur réelle d’une formation dépasse largement ses effets immédiats.
La théorie de l’apprentissage orienté processus (Process Oriented Approach) met en avant que les échanges, la préparation et la réflexion collective constituent en eux-mêmes des leviers de performance. Une formation qui ne répond pas totalement aux objectifs peut malgré tout générer des bénéfices : débats internes, prise de recul, alignement stratégique, meilleure préparation au changement. Les bénéfices peuvent être, par exemple un apprenant qui réalise ses tâches deux fois plus vite qu’avant sa formation ou un salarié qui décide de rester dans l’entreprise car sa formation lui a redonné de la motivation.
Cette logique rejoint l’apprentissage en double boucle (Double-loop learning, Argyris & Schön) : au lieu de simplement corriger un écart (boucle simple), les objectifs et les hypothèses initiales sont remis en question (boucle double). Ainsi, une formation inadaptée peut déclencher une remise en cause salutaire de la stratégie ou des besoins réels...
Les pouvoirs publics
Depuis la loi Avenir professionnel (2018), l’État pilote la politique compétences autour de trois priorités : emploi, insertion des jeunes (alternance) et montée en compétences des actifs.
La DGEFP fixe le cadre (qualité, financements, certifications) ; France compétences régule et finance ; la Caisse des Dépôts opère le CPF/Mon Compte Formation ; les OPCO accompagnent/financent les entreprises ; France Travail et les Régions agissent pour l’insertion.
Il existe bon nombre d’entités en mesure d’accompagner les personnes qui cherchent une formation :
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CEP (Apec, Missions Locales, Cap emploi, France Travail, opérateurs régionaux) : conseil gratuit et neutre pour cadrer projet/financement/éligibilité (RNCP/RS).
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SPRO (Service Public Régional de l’Orientation) : porte d’entrée territoriale, information de proximité.
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CARIF-OREF/Intercarif-Oref : visibilité de l’offre, données métiers et tensions locales.
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Plateformes publiques : Mon Compte Formation (catalogue/qualité/avis), RNCP/RS, France VAE.

Services d’orientation de la formation individuelle en France
Il existe également des entités de contrôle et de régulation :
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DGEFP : Délégation Générale à l’Emploi et à la Formation. Pilote national de la formation, il coordonne les campagnes de contrôle, animation du réseau régional, articulation avec France compétences/CDC/OPCO.
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DREETS (régions)/DRIEETS (Île-de-France) - via les Services régionaux de contrôle (SRC) : ils contrôlent (autant que possible) l’activité des 100 000 organismes de formation existants en France.
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Caisse des Dépôts (CDC) : en charge des fonds du CPF, elle gère le référencement dans EDOF, vérifications administratives, contrôle Qualiopi, conformité catalogue, dispositifs anti-démarchage abusif, sécurisation identités (FranceConnect+).
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France compétences : régulation...
Les organismes de formation
De plus, en plus nombreux et de plus en plus singuliers, les organismes de formation sont toute entité juridique délivrant au moins une formation dans l’année.
Des statistiques difficiles à suivre
La loi dit en effet que toute personne ou entité délivrant une formation doit demander un numéro de formation (ou Numéro d’organisme de formation, ou NDA (Numéro de Déclaration d’Activité)).
Paradoxalement, les mesures gouvernementales sont à la fois en faveur de la croissance du nombre d’organismes de formation, en exigeant que tout acteur délivrant au moins une formation ait un numéro d’organisme et en même temps en défaveur de cette croissance puisque les organismes de formation sont soumis à de nombreuses règles et protocoles à suivre, sans compter la certification Qualiopi.
Donc curieusement, cette posture d’organisme de formation donne accès à de nombreux avantages et en même temps représente des complications que certains veulent absolument éviter. Psychologiquement et juridiquement, cette posture est assez difficile à vivre pour un entrepreneur.
Ci-dessous, le nombre d’organismes de formation par année.
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Année |
Nombre d’organismes de formation |
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2015 |
68 125 |
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2016 |
67 750 |
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2017 |
67 375 |
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2018 |
67 000 |
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2019 |
70 200 |
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2020 |
74 000 |
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2021 |
78 600 |
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2022 |
88 000 |
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2023 |
122 682 |
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2024 |
128 137 |

Évolution du nombre d’organismes de formation par an
Ces statistiques sont à mettre en perspective avec les paramètres suivants.
Le CPF a été créé au 1er janvier 2015 mais son exploitation laborieuse le rendait quasiment inutilisable jusqu’au 21 novembre 2019, date de lancement de l’application MonCompteFormation qui a fortement été accompagnée par un effet d’annonce du ministère du travail. Alors que le faible nombre de formations éligibles au CPF persistait, la faiblesse du cadre a permis à de nombreux organismes de formation d’y voir un eldorado en passant parfois même par des pratiques illicites. Puis la crise du Covid, a été à l’origine de la croissance du nombre d’organismes de formation alors que depuis plus de 10 ans l’État...
Les branches professionnelles et les financeurs
Les branches professionnelles regroupent les entreprises d’un même secteur d’activité, liées par une convention collective ou un accord de branche. Elles sont rattachées à un OPCO (Opérateur de Compétences), structure paritaire chargée d’accompagner les entreprises dans leurs projets de formation et de financer les dispositifs en alternance.
Depuis la réforme issue de la loi "Avenir professionnel" (2018), les OPCO remplacent les anciens OPCA. Au lieu de se limiter à la collecte des fonds (désormais assurée par l’URSSAF), leur mission s’est élargie à l’appui-conseil et à l’accompagnement stratégique des entreprises, notamment les TPE/PME.
Liste des onze OPCO existants :
OPCO 2i - Interindustriel
ATLAS - Services financiers et conseil
OCAPIAT - Agriculture, pêche, agroalimentaire
AKTO - Services à forte intensité de main-d’œuvre
OPCO EP - Entreprises de proximité
OPCO Mobilités - Transport et services automobiles
AFDAS - Culture, médias, loisirs, sport, tourisme
OPCO Santé - Secteur sanitaire, médico-social et social privé
Uniformation - Économie sociale, coopération, habitat social
Constructys - Bâtiment, travaux publics, négoce des matériaux
OPCO Commerce...
Les autres formes d’apprentissage et de formation
Si la majorité des entreprises françaises sont concernées par la formation professionnelle, de nombreuses autres organisations le sont également, mais selon des approches différentes.
L’Éducation nationale, qui correspond à la formation initiale, a pour objectif de transmettre les connaissances fondamentales et de développer les capacités d’adaptation nécessaires à l’insertion dans un environnement professionnel.
L’Éducation nationale est elle aussi concernée par les nouvelles méthodes pédagogiques, même si leur intégration ne peut pas toujours se faire de la même manière que dans le secteur privé.
On distingue :
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l’enseignement du premier degré : école primaire ;
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l’enseignement du second degré : collège et lycée ;
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l’enseignement du troisième degré : enseignement supérieur (université, écoles spécialisées).
Pour chacun de ces niveaux, le e-learning et les outils issus des nouvelles technologies d’apprentissage comme l’IA offrent un potentiel important, tant sur le plan pédagogique qu’économique. Cela s’avère particulièrement pertinent pour les publics dont les besoins en connaissances et en compétences...
Conclusion
Après avoir présenté le cadre, les financeurs, les acteurs et les tensions de la formation professionnelle, il est possible de dégager une idée centrale : le système que nous connaissons est appelé à évoluer profondément, sous l’effet des transformations du travail, des outils numériques et des nouvelles formes d’apprentissage.
De nombreux changements majeurs se sont affirmés ces dernières années sur différents plans et ceci bouleverse notre approche de la formation et la manière de la concevoir.
Le développement massif des moyens de communication a apporté de nombreux éléments. Fondamentalement, cela a augmenté la quantité d’informations disponibles et multiplié les possibilités de communication.Les conséquences de ce développement sont multiples. Tout d’abord, le transfert de connaissances et de compétences est beaucoup plus important et ceci de manière quotidienne et transparente. Pour simplifier, il y a dix ans, pour apprendre à utiliser un nouveau concept ou logiciel, il était nécessaire d’organiser une conférence téléphonique ou une réunion. Aujourd’hui, soit les gens apprennent par eux-mêmes, soit ils apprennent via du contenu gratuit sur Internet, soit ils demandent...