Les domaines de l’IA
Introduction
Contrairement à ce qui était envisagé dans les œuvres de fiction comme « HAL9000 dans 2001 : L’Odyssée de l’espace », l’intelligence artificielle ne doit pas être comprise comme une entité unique capable de tout faire. Elle regroupe au contraire plusieurs domaines et sous-domaines, c’est-à-dire plusieurs branches techniques qui répondent à des problématiques différentes et donnent lieu à des recherches, des solutions et des applications spécifiques.
Ce chapitre présente les principaux domaines de l’intelligence artificielle afin de donner au lecteur les repères nécessaires pour comprendre, dans la suite de l’ouvrage, comment ces technologies peuvent s’appliquer au domaine de la culture et de l’art. Nous aborderons ainsi la capacité à reproduire ou simuler certains comportements humains (notamment à travers le test de Turing), la vision artificielle, la robotique, la connaissance et la gestion des savoirs, la planification automatique et l’ordonnancement, le traitement du langage naturel, l’apprentissage, le raisonnement automatisé et la prise de décision.
L’objectif n’est pas d’entrer dans le détail technique de chacun de ces domaines, mais de montrer comment ils peuvent contribuer, séparément...
Les domaines
1. Simuler le comportement humain : le test de Turing
Le test de Turing constitue l’un des repères historiques les plus connus dans l’histoire de l’intelligence artificielle. Il ne définit pas à lui seul ce qu’est l’IA, mais il permet d’introduire une question centrale : dans quelle mesure une machine peut-elle simuler un comportement humain, notamment dans le cadre d’un échange ou d’une conversation ?
Le test de Turing a été inventé dans les années 1950 par Alan Turing, un mathématicien anglais. C’est une proposition de test d’intelligence artificielle fondée sur la faculté d’une machine à imiter la conversation humaine.
Ce que demande le test de Turing, c’est l’aptitude ou la capacité pour une machine de reproduire le comportement humain, le simuler. Mais simuler n’est pas être, une machine qui simule l’intelligence humaine, même si elle est intéressante pour certaines tâches, ne peut pas être considérée comme une machine intelligente. Aussi, même si la réussite du test de Turing n’est plus un objectif de recherches en soi, elle fait appel à un nombre d’autres domaines qui, eux, le sont. Parmi ces domaines se trouvent : la connaissance, l’apprentissage automatisé (dont le Deep Learning), la compréhension de la langue naturelle, ainsi que les analyses syntaxiques, sémantiques et comportementales.
Ces domaines, ainsi que les techniques et les technologies qui leur sont associées, vont être détaillés par la suite.
|
Il est souvent affirmé qu’en juin 2024, « GPT-4 », l’intelligence artificielle développée par OpenAI aurait démontré des capacités compatibles avec le test de Turing. |
Les champs d’application possibles autour de la reproduction du comportement humain sont nombreux et permettent essentiellement de converser ou échanger avec l’humain dans des formes que reconnaît et surtout qu’accepte l’humain. Pour cela, et bien que cela ne soit pas toujours le cas, il est préférable, voire essentiel, que la machine comprenne le contexte et ne se contente pas d’une simulation...
En conclusion
Tous les domaines de l’intelligence artificielle sont représentés et utilisés dans le secteur de la culture. Leurs champs d’applications sont vastes et variés, de plus en plus nombreux, mais surtout leur implémentation et leur intégration s’effectuent de plus en plus rapidement. Leur intérêt ne se limite pas à la création d’œuvres par des IA génératives. Ces technologies peuvent aussi contribuer à classer des collections, analyser des publics, accompagner la médiation, restaurer ou documenter des œuvres, automatiser certaines tâches, recommander des contenus, organiser des évènements ou aider les professionnels dans leurs décisions. L’impact de ces nouvelles applications est immense et touche comme nous le verrons la totalité des acteurs de ce domaine.
Ce panorama montre que l’IA ne correspond pas à une technologie unique, mais à un ensemble de domaines complémentaires : vision artificielle, robotique, représentation et gestion des connaissances, planification, traitement du langage naturel, apprentissage automatique, raisonnement automatisé ou aide à la prise de décision. C’est la combinaison de ces différents domaines qui explique la diversité des usages possibles dans la culture. L’intelligence...
Sources et références
ArtCena, « L’impact de l’IA sur l’activité et les revenus des auteurs », ArtCena, 2024. https://www.artcena.fr/fil-vie-pro/limpact-de-lia-sur-lactivite-et-les-revenus-des-auteurs
Dr, « Sophia, l’androïde, se lance dans la peinture et touche le jackpot », Paris Match, 2021. https://www.parismatch.com/Actu/Sciences/Sophia-l-androide-se-lance-dans-la-peinture-et-touche-le-jackpot-1730815
Juliette Lécureuil, « 12 statistiques sur l’intelligence artificielle (IA) à connaître en 2025 », Tool Advisor, 2025. https://tool-advisor.fr/blog/statistiques-intelligence-artificielle-ia/
Matis Demazeau, « Qui sont les 7 influenceurs virtuels les plus attractifs pour les marques ? », emarketing.fr, 2024. https://www.e-marketing.fr/Thematique/influences-1293/strategie-influence-2215/Diaporamas/Qui-sont-influenceurs-virtuels-plus-attractifs-456967/lil-miquela-456968.htm
Matthieu Martigny, « IA et Art : Une révolution spectaculaire qui bouscule 2025 », Wanted Design, 2025. https://blog.wanteddesign.fr/innovations/ia-et-art-une-revolution-spectaculaire-qui-bouscule-2025/
Shalwa, « Quelle est la place de l’IA mondiale sur le marché de l’art ? », artsmart.ai, 2024. https://artsmart-ai.translate.goog/blog/ai-in-the-art-market-statistics/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=rq...