Construire le tableau kanban
Introduction
Objectifs du chapitre :
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identifier les étapes de conception d’un tableau kanban ;
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définir les éléments obligatoires d’un tableau kanban ;
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connaître les éléments optionnels d’un tableau kanban ;
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représenter via divers exemples de tableaux kanban comment illustrer ces éléments.
Le tableau kanban est la visualisation du procédé, du travail en cours, du travail à commencer, du travail terminé, des limites inférieures et supérieures du travail par étape, des éléments suivant un parcours par exception au procédé standard, et enfin des règles par lesquelles l’équipe séquence et choisit son travail.
C’est un élément de communication, de planification et de contrôle du système de fabrication, un élément visuel qui participe à la transparence.
Il est d’usage de présenter le séquencement des étapes du procédé de développement de la gauche vers la droite. De même, le tableau kanban présente visuellement cette séquence d’étapes de la gauche vers la droite.
La structure du tableau kanban évolue au cours des améliorations successives mises en place par l’équipe qui l’utilise. Il est initialement...
Précondition à la construction d’un tableau kanban : avoir défini son flux de travail
Avant de construire son tableau kanban, l’équipe doit maîtriser ce qu’est son procédé de développement et indiquer comment elle gère son flux de travail. Au minimum, elle a :
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identifié les types d’éléments de travail qui parcourent le procédé et génèrent une potentialité de valeur pour ceux qui utiliseront les incréments de produits résultant de l’implantation des éléments ;
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déterminé les frontières (figure 5.1) de son procédé, point(s) d’entrée, point(s) de sortie (tout élément de travail présent entre un point d’entrée et un point de sortie participe au travail en cours) ;
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décomposé en suite d’étapes son procédé de développement, étapes que les éléments de travail parcourent depuis un point d’entrée jusqu’à un point de sortie ;
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établi les règles par lesquelles le travail en cours est maîtrisé ;
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formalisé les politiques qui autorisent les éléments de travail à passer d’une étape du procédé à la suivante ;
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défini...
Ce qui doit être fait
J’aborde dans cette partie du chapitre des éléments qui doivent être inclus dans un tableau kanban. La section Procédé de développement de produit du chapitre Premiers pas a initié la représentation visuelle du procédé en indiquant comment ses étapes deviennent les colonnes du tableau. Je continue ici la déclinaison des entités du procédé en éléments visuels sur le tableau kanban.
L’élaboration du tableau kanban est décrite par chacune des deux approches d’introduction de Kanban au sein d’une organisation présenté au chapitre Mettre en place une démarche Kanban, à savoir l’Atelier de conception du système de fabrication Kanban proposé par [23] et Concevoir le tableau kanban pour STATIK [6].
J’indique donc ici seulement les points essentiels pour modéliser son procédé de développement de produit et j’invite le lecteur à lire les deux sections précédemment citées sur la manière d’identifier et caractériser ces points dans son contexte.
La première version du tableau doit être la plus simple possible, c’est-à-dire que chaque étape du procédé est représentée par une colonne. Le tableau kanban évoluera dans le temps pour prendre en compte les retours d’informations des clients du produit développé, du management, et bien sûr des équipiers eux-mêmes. Mais, quel que soit le moment où il est élaboré, il est essentiel que tout le travail en cours puisse être représenté sur ce tableau, y compris le travail dit invisible (réunions, etc.).
1. Représenter la structure du procédé de développement de produit
L’équipe a déterminé la séquence d’étapes de son procédé, son début et sa fin. Elle a décidé que le réceptacle des demandes, le Bac à sable, est un fourre-tout hors procédé. Elle a identifié la bannette Carnet de Commandes, qu’elle choisit comme étant la première étape du procédé, son point d’entrée...
Ce qui peut être fait
J’aborde dans cette partie du chapitre des éléments optionnels qui peuvent être inclus dans un tableau kanban.
1. Les lignes d’eau
La notion de ligne d’eau est un mécanisme d’organisation visuelle qui ajoute une couche structurelle supplémentaire au tableau kanban. Une ligne d’eau est une représentation visuelle d’une catégorie de tickets qui parcourent le procédé. La catégorisation des tickets doit être basée sur un ou plusieurs critères spécifiques décrits par une politique de catégorisation.
L’objet premier des lignes d’eau est d’apporter de la clarté au flux de travail du procédé par un regroupement des tickets en fonction de facteurs tels que l’identification de l’équipe (ou l’équipier) responsable du ticket, le client destinataire de l’élément de travail, la fonctionnalité à laquelle le ticket est attaché, le niveau de service, etc.
Une ligne d’eau est visuellement représentée sur le tableau kanban par une « tranche » horizontale (voir par exemple la figure 8.1 du chapitre Le tableau kanban pour piloter ses activités). Cette mise en tranches permet à l’équipe d’identifier visuellement les points sur lesquels se focaliser lors des divers ateliers menés devant le tableau. La catégorisation de ses travaux via des critères qui se traduisent par ces tranches peut par exemple aider l’équipe dans ses exercices d’affectation de priorités, de choix des tickets à commencer ou à faire avancer, etc.
Une ligne d’eau peut également servir à modifier le procédé en indiquant une autre séquence d’étapes que celle suivie par les tickets hors de la ligne d’eau. Cette façon de représenter un parcours différent du procédé standard peut notamment être utilisée pour les éléments de travail représentant des réponses aux risques ou des travaux répétitifs.
Le mécanisme de la ligne d’eau est extrêmement flexible, au point qu’il est parfois trop utilisé. L’équipe...
Exemples de tableaux kanban
Je présente dans cette section des exemples de tableaux kanban. Ces exemples ne sont là qu’à titre informatif et ils ne sont en aucun cas à reprendre tels quels. Chaque contexte (procédé, ressources…) étant spécifique, son tableau kanban doit l’être aussi.
Une des clés des systèmes à flux tiré, dont l’un des représentants est la démarche Kanban, est le respect de la limite supérieure de l’en-cours. Les pratiques de ces systèmes visent à atteindre cette limite sans jamais la dépasser. Quand un élément de travail quitte le système, un autre peut commencer à être produit. La limite est alors souvent définie par le nombre d’éléments de travail dans le système de production, l’en-cours. Il existe cependant d’autres façons de limiter cet en-cours.
Cette section présente, en plus des tableaux dont les limites sont définies par un nombre d’éléments, des exemples de tableaux où les limites peuvent être établies selon d’autres critères.
Les politiques ne sont pas représentées sur les tableaux de cette section afin de ne pas surcharger les illustrations. Néanmoins, elles doivent exister et être incluses dans les tableaux kanban.
1. Un tableau piloté par l’estimation des charges en points d’effort
Ici, les limites représentent un effort, une charge de travail. Un élément de travail ne peut entrer dans le flot que si l’effort à le faire, ajouté à l’effort de ceux des éléments dans l’en-cours, ne dépasse pas l’effort total disponible.
De fait, c’est bien l’effort, c’est-à-dire la quantité de travail que peut faire l’équipe à un instant donné, qui doit être borné pour éviter les inconvénients de la surcharge, tels que l’embouteillage ou plus simplement la perte de vitesse de parcours des éléments de travail. Lorsque la limite est exprimée sous la forme d’un nombre d’éléments de travail, il faut bien comprendre que le modélisateur du tableau...