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Extrait - Kanban pour le développement logiciel Visualiser, limiter et optimiser le flux de travail
Extraits du livre
Kanban pour le développement logiciel Visualiser, limiter et optimiser le flux de travail Revenir à la page d'achat du livre

Kanban dans un cadre manufacturier

Introduction

Objectifs du chapitre :

  • introduire le contexte de la production manufacturière qui est à l’origine de la démarche Kanban ;

  • présenter divers systèmes de contrôle de production manufacturière à flux tiré basés sur des cartes ;

  • comparer l’approche Kanban dans le cadre de la production manufacturière vs celui du travail de la connaissance.

Le lecteur étant probablement plus au fait de la production d’intangible que de la production manufacturière, il m’a semblé utile, dans mon désir de rappeler les racines industrielles de l’approche Kanban décrite dans ce livre, de commencer par présenter le contexte de la production manufacturière, puis de faire un rapide état des lieux de quelques-uns des systèmes à flux tiré utilisés dans ce contexte. Nous souhaitons ainsi rappeler aux équipiers travaillant en Kanban dans le développement de produits informatiques l’origine des principes de leur façon de faire et mettre l’accent sur les différences de pratiques, conséquences des différences d’approches entre le milieu manufacturier et celui du travail de la connaissance.

Ce chapitre n’a, bien sûr, pas vocation à présenter tous les systèmes industriels de contrôle de la production...

Généralités autour de la production manufacturière

Tout système industriel peut être considéré comme une succession de postes de travail qui s’enchaînent de façon à élaborer progressivement un produit. Chaque poste fabrique un composant, ou une partie du produit, qui sera utilisé ultérieurement par un des postes suivants dans la chaîne de fabrication. Chaque poste joue donc simultanément un rôle de fournisseur pour le ou les postes suivants et un rôle de client pour le ou les postes précédents. De manière générale, le client passe commande à un fournisseur par l’intermédiaire d’un bon de commande et le fournisseur livre le client en joignant à la marchandise un bon de livraison.

1. Typologie de la production manufacturière

Classiquement, les principaux modes de fabrication sont catégorisés comme suit [27] :

  • production de masse : objet avec peu voire aucune variante, bien de consommation courante, système de production dédié (très productif, peu flexible) ;

  • production en petite série : objet avec de nombreuses variantes/options, système de production à usage multiple (peu productif, flexible) ;

  • production unitaire : objet en général compliqué voire complexe tel qu’immeuble, paquebot, moteur de fusée… ;

  • production continue : station de raffinage, station d’épuration, etc., que ce soit par lot ou vraiment en continu, nécessite une installation dédiée.

2. Modes de gestion de la production

Un système de gestion de la production cherche à coordonner les flux de travaux des éléments de travail (produits intermédiaires ou services) à travers un ensemble de ressources (machines et opérateurs) qui les transforment en produits ou services finaux.

Cette gestion des ordres de fabrication peut être [27] :

  • Centralisée : elle...

Quelques systèmes de contrôle de production manufacturière basés sur les cartes

Un système de gestion de la production coordonne les activités de son procédé en synchronisant les ressources transformantes (machines), ressources transformées (matière) et besoins métier (demandes des clients) par l’intermédiaire de cartes, une carte étant un moyen physique de communiquer et signaler une information entre les stations (machines) du procédé.

Dans cette section, quatre systèmes basés sur les cartes sont présentés : Kanban, ConWIP, POLCA et COBACABANA. Ce qui caractérise leur mécanisme de contrôle dans la décision de laisser entrer un travail dans le procédé (ou une station), c’est l’inclusion du retour d’informations émis par la sortie de ce procédé (ou d’une station d’aval). Ce retour d’informations est porté par des cartes. Nous présentons également une approche appelée Tambour, tampon, corde basée sur la théorie des contraintes dont j’ai parlé à propos de la gestion des goulets d’étranglement. Nous aurons l’occasion, au chapitre TameFlow d’en montrer une application au développement de produit intangible.

1. Kanban

De fait, il existe de nombreux types de systèmes Kanban pour la production manufacturière. Le système Kanban pour le travail de la création de la connaissance, qui fait l’objet de ce livre, est un avatar simple (simpliste ?) de cette approche globale de la fabrication d’artefacts matériels appliqué aux artefacts intangibles. Les systèmes Kanban qui ont été définis dans l’industrie sont des moyens plus ou moins puissants pour contrôler la convergence de flots de production de composants issus des diverses lignes d’assemblage du produit final.

Parce que Kanban peut fonctionner avec virtuellement tout flux de travail, son application n’est pas limitée à une industrie ou un contexte.

Nous abordons dans cette section une description de ces systèmes Kanban pour la production manufacturière.

a. Principe du système Kanban manufacturier

Dans ce chapitre, nous appelons...

Kanban pour la manufacture vs Kanban pour le travail de la connaissance

Mon objectif dans ce chapitre n’était pas de présenter de manière exhaustive et complète les démarches de gestion de production à flux tiré dans un cadre manufacturier, mais plutôt d’exposer la diversité des solutions élaborées dans ce contexte et de montrer, par ricochet, la pauvreté des solutions imaginées dans le cadre du développement de produit intangible. J’espère que cette comparaison stimulera la recherche d’autres solutions dans ce dernier cadre. Peut-on imaginer des solutions à flux tiré pour des procédés à cheminements multiples dans un contexte de développement de produits intangibles ? Le chapitre TameFlow, en présente d’ailleurs une.

Nous donnons dans cette section quelques exemples de différences techniques entre ces deux domaines d’application que sont la production manufacturière et la production d’intangibles.

1. La carte kanban n’est pas le ticket kanban

Une carte kanban est un signal attaché à un composant à un instant donné. Il est détaché du composant pour former un circuit, une boucle. Un ticket qui circule dans un tableau kanban n’est attaché à rien, c’est une représentation d’un élément de travail qui participe à la fabrication d’un intangible. Le cheminement du ticket ne forme pas un circuit machine images/icdoublfl.png inventaire, mais c’est une séquence d’étapes. Le ticket reste dans la dernière étape une fois le travail terminé et, contrairement à une carte kanban, il ne revient pas en arrière. Le ticket du tableau kanban n’est pas une carte kanban. Le tableau est une variante de système Kanban sans carte kanban. Le signal est ici purement visuel : « Je vois qu’il...